Machine à coudre simple ou double entraînement : laquelle choisir ?
Comment le tissu avance sous l'aiguille
Sous le pied presseur, dans la plaque à aiguille, de petites dents métalliques montent, avancent et redescendent à chaque point : ce sont les griffes d'entraînement. Elles tirent le tissu par-dessous. Le pied presseur, lui, ne fait qu'appuyer pour que le tissu reste plaqué contre les griffes.
C'est le simple entraînement, le système de presque toutes les machines familiales. Il marche très bien pour une couche ou deux de coton.
Le problème : la couche du dessus glisse
Quand vous cousez deux couches, seule celle du dessous est tirée par les griffes. Celle du dessus est freinée par le pied presseur. Résultat, sur certains tissus :
- les deux bords ne finissent pas au même endroit ;
- les carreaux ou les rayures se décalent ;
- le jersey ondule ;
- le molleton et les couches de patchwork forment des plis.
Le double entraînement : tirer aussi par le dessus
Le double entraînement ajoute un mouvement par le dessus du tissu, synchronisé avec les griffes. Les deux couches avancent ensemble, à la même vitesse. On le trouve sous deux formes.
1. Le pied à double entraînement (accessoire)
C'est un gros pied presseur qui possède ses propres griffes. Un bras vient se poser sur la vis qui tient l’aiguille : à chaque point, il « marche » sur le tissu en même temps que les griffes du dessous. Il se monte sur une machine classique à la place du pied normal. Vérifiez qu'il est compatible avec votre modèle (marque et type de fixation) avant de l'acheter.
2. Le double entraînement intégré
Certaines machines l'ont directement dans leur mécanique. Pfaff en a fait sa spécialité avec son système IDT, et d'autres marques proposent un équivalent sur leurs modèles plus haut de gamme. C'est plus pratique qu'un pied accessoire : on l'active ou on le désactive en quelques secondes.
Simple ou double : le tableau pour choisir
| Vous cousez surtout… | Simple entraînement | Double entraînement |
|---|---|---|
| Coton, ourlets, réparations | Parfait | Inutile |
| Jersey, tissus extensibles | Possible avec du soin | Plus régulier |
| Carreaux, rayures à raccorder | Décalages fréquents | Raccords nets |
| Patchwork, quilting, molleton | Difficile | Fortement conseillé |
| Simili cuir, toile cirée | Le tissu colle et accroche | Avance mieux |
Et le « triple entraînement » ?
Vous le verrez sur les machines industrielles pour le cuir et la sellerie. L'aiguille participe elle aussi à l'avance du tissu, en plus des griffes et du pied. C'est réservé aux gros travaux de maroquinerie : une machine familiale n'en a pas besoin.
Faut-il un double entraînement pour débuter ?
Non. Pour apprendre, une machine à simple entraînement est plus simple et suffit pour la plupart des projets de débutant : ourlets, coussins, pochettes, vêtements en coton. Si un jour vous vous lancez dans le patchwork ou le jersey, ajoutez un pied à double entraînement compatible avec votre machine. Vous n'aurez pas besoin d'en changer.
Pour choisir votre première machine, voyez notre sélection des meilleures machines à coudre pour débutant.
Questions fréquentes
Le double entraînement remplace-t-il les griffes ?
Non, il s'y ajoute. Les griffes continuent d'entraîner le tissu par-dessous, et le pied ou le système intégré l'entraîne par-dessus.
Peut-on coudre avec le pied à double entraînement tout le temps ?
On peut, mais il est plus encombrant et il cache un peu la zone de couture. La plupart des couturières le montent seulement pour les tissus difficiles.
Un pied à double entraînement va-t-il sur toutes les machines ?
Non. Il en existe pour la plupart des marques, mais il faut vérifier la compatibilité avec votre modèle : type de fixation et hauteur de la barre du pied.
Notre conseil
Commencez avec une machine à simple entraînement, bien plus simple à prendre en main. Notez le type de projets qui vous posent problème : s'il s'agit de couches qui glissent, de jersey ou de patchwork, un pied à double entraînement réglera la question sans changer de machine.